Situation inédite à 6 semaines des présidentielles
François Bayrou quasiment hissé à la deuxième place, la candidate socialiste en danger, l’extrême gauche et les Verts sans voix, Le Pen qui ne rassemblerait pas les 500 parrainages nécessaires… Décidément cette élection 2007 semble réserver un bon lot de surprises, bonnes ou mauvaises…
Ce n’est pas que les élections présidentielles précédentes aient été exemptes de suspense ou de situations inattendues – il suffit simplement de remonter à 2002 –, mais cette année les surprises apparaissent dans les sondages plusieurs semaines voire plusieurs mois avant le premier tour des élections.
Le phénomène le plus marquant c’est bien sûr l’envolée des intentions de vote pour François Bayrou. Encore autour de 10% à la fin de l’année 2006, le président de l’UDF est à présent annoncé à égalité avec Ségolène Royal (à 23% dans le dernier sondage IFOP du 10 mars).
Surexposition médiatique (voire monopolisation) des candidats de l’UMP et du PS, discours sans concessions du premier, bourdes successives de la seconde, bonne campagne du candidat centriste… les raisons de ce succès à l’ampleur inattendue sont nombreuses.
Cette montée en puissance semble se faire aux dépens de Ségolène Royal dont la présence au second tour est désormais loin d’être une certitude. D’ailleurs que reste-t-il de toutes ces certitudes que l’on nous a répétées pendant tous ces mois ? Qui croit encore, sans douter un seul instant, que le second tour opposera Ségolène Royal à Nicolas Sarkozy ? Peut-être… mais jamais cela n’a été moins sûr qu’aujourd’hui, six semaines avant le premier tour.
Du côté de l’UMP, on n’est pas aussi serein que par le passé car Bayrou, dans la logique de son appel à gouverner ensemble et au-delà des couleurs politiques, recueille des voix de l’ensemble de l’échiquier politique. Une chose est sûre, Nicolas Sarkozy a débuté sa campagne depuis trop longtemps, il n’offrira plus de surprise majeure et n’ira donc pas plus haut dans les intentions de vote. L’effritement guette et effraye son équipe de campagne.
Les Verts ne décollent pas, faute de ne pas croire suffisamment en leur candidat quand les valeurs de l’écologie ont été portées si haut par le très apprécié (au-delà des Verts) Nicolas Hulot.
L’extrême gauche reste au plus bas. José Bové ne séduit pas, Olivier Besancenot obtient les moins mauvais résultats, et Marie-Georges Buffet doit faire face aux critiques internes et à la réorganisation des partisans de Robert Hue.
A l’autre extrême, Jean-Marie Le Pen dit manquer d’une cinquantaine de parrainages pour pouvoir présenter sa candidature… Quel crédit porter à cette complainte ? Ce n’est pas la première fois que le candidat du FN nous ferait le coup, et étant donné qu’il se fait cette année piquer sa place de troisième homme, tous les moyens sont bons pour faire parler de lui et le plaindre. Le pire, c’est que ça marche, la polémique s’axant autour de la question de la légitimité de la participation ou non de Jean-Marie Le Pen à l’élection présidentielle, autrement dit, pourquoi n’aurait-il pas le droit d’y participer alors qu’il avait atteint le second tour il y a 5 ans et représentait alors environ 18% des votes ? La réponse est pourtant simple : si vraiment Jean-Marie Le Pen ne récolte pas ses 500 parrainages et que l’on veut qu’il participe à l’élection, alors ce sont les règles du jeu qu’il faudra changer…






















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