Le président colombien joue avec la vie d’Ingrid Bétancourt pour reprendre la main dans son pays
“Généraux ! Nous allons porter secours à Ingrid Betancourt. Il n’est pas question de jouer avec ces hors-la-loi. Et le Congrès américain ne doit avoir aucun doute, parce que nous allons effectuer un sauvetage militaire des trois Nord-américains détenus par les FARC”. Ce sont les mots du président colombien Alvaro Uribe, prononcés hier lors d’un rassemblement public. Les familles d’otages dénoncent une opération de communication et s’inquiètent d’un éventuel usage de la force qui mettrait en danger la vie de leurs proches…
Cela fait plus de cinq ans qu’Ingrid Bétancourt et son assistante Clara Rojas sont détenues par les FARC (forces armées révolutionnaires de Colombie) au coeur de la forêt amazonienne.
Les nouvelles d’Ingrid ont été très rares durant tout ce temps. Les dernières en date nous ont été transmises il y a quelques jours par Jhon Pinchao, un policier qui a échappé aux FARC après 8 ans et demi de captivité.
Nicolas Sarkozy, qui avait affirmé au soir de sa victoire du 6 mai que “la France n’abandonnera pas Ingrid Bétancourt“, a répété à Alvaro Uribe dès jeudi lors d’une conversation téléphonique qu’il était “déterminé à obtenir le retour d’Ingrid Betancourt“, avant de recevoir à l’Elysée vendredi la famille de l’otage. L’optimisme était alors de mise pour Mélanie Bétancourt, la fille d’Ingrid qui sentait alors “un moment d’espoir et de confiance. Ca peut changer tout, le fait qu’il ait appelé lui même Uribe, c’est avec ce type de dialogue que l’on peut faire changer les choses en Colombie“.
Pourtant, ce même jour, le président colombien décidait de faire du zèle en ordonnant à l’armée de libérer de libérer Ingrid Bétancourt (autrement dit, par la force). Les famiiles d’otages ont immédiatement redit leur refus de l’option militaire, tout comme la France, “opposée à toute action militaire qui pourrait mettre en danger la vie des otages”.
Mélanie Bétancourt accuse le président Uribe de se moquer du président Sarkozy qui avait affirmé à son homologue colombien croire fermement à une solution négociée. Quant au comité de soutien à Ingrid Bétancourt, il dénonce une opération de communication mise en scène par Alvaro Uribe pour se réhabiliter lui-même sur la scène politique colombienne : “Vraisemblablement, le Président colombien, mal en point sur la scène politique colombienne, a voulu reprendre la main - dure - en se livrant à une vaste opération de communication mal pensée, puisque mêlant tragédie et théâtre de l’absurde”…
Il serait bon de rappeler à Alvaro Uribe les responsabilités qui sont les siennes en sa qualité de président quant au sort des otages, et pas seulement celui d’Ingrid Bétancourt.






















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