PolitiqueDu marketing comme politique

Le souffle de la nouveauté est puissant , depuis l’avènement du pouvoir politique, au terme de quatre tours électifs éprouvants. Sur le fond, le changement n’en est pas, puisque la reconduction d’une même majorité, fait quasi historique, induit la continuité d’une politique de droite. Quant à la forme, elle est bouleversée, chamboulée, et à la discrétion et la distanciation des deux précédents présidents de la République, se succède une promotion incessante, une mise en lumière continue des faits et gestes du nouveau président.

Dans le leurre de l’état de grâce, toute cette agitation du pouvoir fraîchement élu, veut apporter la preuve d’un renouveau de l’action politique. Et les grands mots et slogans peuvent sortir du chapeau de la communication: fin de l’immobilisme, bouger, travailler, changer,etc. Certes, mais pour quoi faire ? Car, ce vocabulaire du mouvement, n’indique pas le dessein politique, au contraire , il sert à le masquer. Tout est affaire de communication.

Quelles seront les avancées à venir ? Prenons quelques exemples. Sur la santé, après plusieurs nouvelles franchises médicales apparues ces dernières années, il en faudrait d’autres encore. C’est-à-dire que l’on rognerait sur un acquis historique et unique. On prépare tout doucement un retour en arrière, très en arrière. Sur l’école, les quelques mesures entendues reflètent d’une nostalgie d’un enseignement connu avant la fatidique date de 68. Donc pour les futures générations, il faudrait rétablir les méthodes d’un autre siècle. Soit. Sur le plan fiscal, il est très clair que les plus favorisés seront aidés, déchargés du poids de la solidarité, toujours trop grand, selon leur point de vue. Et l’éxonération d’impôts sur l’héritage, comme emblême de ces mesures fiscales, nous ramène à des temps féodaux. Sur l’Europe, le traité refusé démocratiquement par les français, va être approuvé tout aussi démocratiquement par le parlement. Certes, il est simplifié, mais il s’agit du même contenu. Faisons croire que l’Europe avance en revenant et s’assoyant sur le choix d’un peuple souverain, s’il en est. Sur la teneur de nos représentants élus, le parlement symbolise aussi ce “renouveau” incroyable, il suffit de constater la pauvreté du renouvellement générationnel, de la si faible augmentation de femmes élues, du pluralisme bipartite-ou presque- de la nouvelle assemblée.

A ces archaïsmes politiques, dont on pourrait en multiplier encore les exemples, se substituent de formidables écrans de fumée, établis par les chantres de la communication que sont devenus les politiques professionnels. Le déficit abyssal de la sécurité sociale justifie de nouvelles taxes, sous des airs de culpabilisation. Le déficit de l’école, sur laquelle on rejette bien des maux de la société, justifie le retour à l’autorité. Les aides fiscales sont pour les plus riches , car eux seuls peuvent défendre les plus pauvres ( je résume, mais le président alors candidat disait “seuls les plus forts peuvent tendre la main aux plus faibles” ). L’Europe qui « avance » est un formidable prétexte pour mettre le référendum de 2005 aux oubliettes. La composition moderne du gouvernement, et le tapage assourdissant autour de nominations symboliques, masquent admirablement et provisoirement l’immobilisme représentatif des élus du 17 juin.

Nous assistons donc à l’éloge de la communication, façon marketing, façon publicité, pour ne pas dire plus. En effet, les nouvelles censures des presses écrites, l’insuccès de certains journaux télévisés des services publics(?),les interruptions télévisuelles des discours des opposants Hollande et Bayrou, la suppression manu militari de Arrêt sur images, de la Bande à Bonnaud sur France inter, remplacé par Yves Calvi, les pressions croissantes et invisibles sur le journalisme, (qui s’élève officiellement contre ces dérives si visibles) sont les signes avant-coureurs d’une propagande au bénéfice du nouveau pouvoir. Pour revenir en arrière, pour régresser en faisant croire à la plus belle des modernités, c’est d’un outil aussi puissant de conviction, dont aura besoin le pouvoir en place.

Cet article vous a plu ? Abonnez-vous au site par mail ou flux RSS : vous recevrez automatiquement les nouveaux billets !

Articles connexes:

aucun

Un commentaire

  1. “Sur la santé, après plusieurs nouvelles franchises médicales apparues ces dernières années, il en faudrait d’autres encore. C’est-à-dire que l’on rognerait sur un acquis historique et unique. On prépare tout doucement un retour en arrière, très en arrière.”

    Cela s’appelle l’évolution, non pas un retour en arrière. Le système de protection sociale français a montré ses limites en terme de financement.
    S’il reste un exemple de solidarité, il faut trouver des moyens de continuer à le faire fonctionner.

Laissez un commentaire



comments 1 réaction
 scoopeo:Du marketing comme politique fuzz:Du marketing comme politique tapemoi:Du marketing comme politique nuouz:Du marketing comme politique blogmemes:Du marketing comme politique bookeet:Du marketing comme politique pioche:Du marketing comme politique digg:Du marketing comme politique del.icio.us:Du marketing comme politique spurl:Du marketing comme politique wists:Du marketing comme politique simpy:Du marketing comme politique newsvine:Du marketing comme politique blinklist:Du marketing comme politique furl:Du marketing comme politique reddit:Du marketing comme politique fark:Du marketing comme politique blogmarks:Du marketing comme politique Y!:Du marketing comme politique smarking:Du marketing comme politique magnolia:Du marketing comme politique segnalo:Du marketing comme politique

Du même auteur


Publicité

Liens sponsorisés

Articles populaires

Tags

Aucun tag trouvé