La grogne des étudiants en médecine
Depuis quelques jours, les internes et les externes sont en grève…
Il ne s’agit pas de protester contre la remise en cause de la liberté d’installation des médecins comme le disent tous les médias (c’est indéniable, il existe un problème de démographie médicale en France), mais contre le déconventionnement massif des médecins s’installant dans des zones dites « à forte densité médicale ». Loin de solutionner le problème, cette mesure ne fait que l’aggraver (et certains de nos voisins européens en ont fait les frais) : déconventionnés, loin de se rabattre sur l’exercice rural, les médecins fuient à l’étranger ou arrêtent d’exercer… Or, nous allons cruellement manquer de médecins dans les années à venir, effet combiné des départs à la retraite des enfants du « baby-boom », et d’un nombre insuffisant de nouveaux médecins actuellement (conséquence de la diminution drastique du numerus clausus au début des années 90).
De plus, cette mesure est la porte ouverte au déconventionnement massif et généralisé (aubaine pour le gouvernement car
Les futurs médecins ne boudent pas la campagne, mais souhaitent exercer leur métier dans des conditions dignes.
Comment inciter un jeune médecin à s’installer dans une zone où il n’y a ni infirmière, ni kinésithérapeute, ni cabinet de radiologie, ni laboratoire d’analyses médicales, où la première maternité est à une heure de route, et le premier centre de traitement de l’infarctus à deux heures ?
Comment inciter un jeune médecin à s’installer dans une zone où même l’état se désengage ? (Fermeture de bureaux de postes, d’écoles…). Le médecin ne peut pas, seul, retisser le lien social de ces régions abandonnées de toutes les administrations.
Alors oui, les jeunes médecins sont prêts à s’installer à la campagne mais les mesures financières incitatives ne suffisent pas. La création de «maisons médicales» disposant d’un plateau technique nécessaire à l’exercice d’une médecine moderne, à la hauteur des possibilités actuelles, sans perte de chance pour le patient rural constitue sans nul doute une situation plus adaptée pour revoir l’offre de soin dans son ensemble, et éviter de tomber dans la « solution d’urgence », en réponse aux erreurs commises il y a quelques années.
Les étudiants en médecine ont donc des revendications globales ne concernant pas seulement la seule remise en cause de leur liberté d’installation, mais la crainte de voir s’installer un système de santé à l’américaine, contraire aux valeurs de solidarité qui sont celles de notre système de soin actuel.






















C’est vraiment léa qui a ecrit cet article? C’est pas mal ecrit.
Oui hein ? Comme quoi les médecins on arrive parfois à les lire
[…] Le 18 octobre, nous vous expliquions le réel pourquoi de la grève des internes en médecine. […]