Rumsfeld poursuivi pour torture
De passage en France depuis jeudi, l’ex-secrétaire d’Etat américain à la Défense ne gardera pas un souvenir neutre de son périple dans la capitale française. En effet, quatre associations de défense des Droits de l’Homme (la Fédération internationale des Droits de l’Homme (FIDH), la Ligue française des Droits de l’Homme (LDH), l’organisation américaine Center for Constitutional Rights (CCR) et l’association allemande European Center for Constitutional and Human Rights (ECCHR)) ont décidé de déposer une plainte pour torture à son encontre auprès du parquet de Paris. Ces quatre associations reprochent à Rumsfeld d’avoir été l’instigateur des sévices commis contre des prisonniers détenus dans les geôles de Guantanamo à Cuba et d’Abou Ghraib en Irak.
En théorie, la justice française est compétente juridiquement pour instruire cette plainte, car selon la convention internationale de 1984 ratifiée par le pays, les faits de torture peuvent être poursuivis partout dans le monde quels qu’en soient les lieux et les auteurs. Le parquet de Paris a fait savoir en fin de matinée que la plainte était “en cours d’examen”.
Le mémorandum de 33 pages déposé par les associations détaillent notamment le cas de 7 français détenus à Guantanamo. Le texte cite également Janis Karpinski, ancienne Brigadier Général de l’Armée américaine en charge du Centre de détention d’Abou Ghraib en Irak, qui se déclare prête à témoigner contre l’ancien secrétaire d’Etat américain. La plainte s’appuie essentiellement sur les trois mémorandums signés par Rumsfeld entre octobre 2002 et avril 2003 «légitimant l’utilisation de la torture» par des méthodes comprenant «la privation de sommeil et les stimuli auditifs» et «l’usage de chiens».
C’est la cinquième fois qu’une plainte de ce type est introduite contre Donald Rumsfeld depuis 2001. Deux autres procédures ont été engagées en Allemagne, une en Argentine et une en Suède, mais aucune n’a pour le moment abouti.






















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