Amazon : entre la gratuité de la livraison et le respect de la loi Lang
La guerre est déclarée entre les librairies online et leurs homologues du monde réel. Le DG France d’Amazon a annoncé la couleur le 25 novembre en envoyant cette email à ses clients :
Chers Clients d’Amazon,
Vous faites partie de nos meilleurs clients et nous vous remercions chaleureusement de votre fidélité. Depuis son lancement, Amazon.fr consacre toute son énergie à vous proposer la plus large offre de produits qui soit, au meilleur prix. Par exemple, nous appliquons en permanence la remise maximum autorisée de 5 % sur les livres français. Afin de faciliter la découverte des millions de livres qu’Amazon.fr propose sur son site, la livraison est gratuite en France métropolitaine pour tous les livres, sans minimum d’achats. Ceci autorise un accès plus facile et plus direct à la création littéraire, notamment pour ceux d’entre vous qui sont éloignés des points de vente physiques, ou qui ne peuvent s’y rendre facilement.
Aujourd’hui, votre droit à la livraison gratuite est menacé. Le Syndicat de la Librairie Française (SLF) a intenté une action en justice contre Amazon, et contre d’autres libraires sur le Net, visant à nous faire renoncer à la gratuité des frais de port sur les livres. Amazon.fr ne pense pas que cette action aille dans l’intérêt des lecteurs, ni d’ailleurs dans celui des auteurs et écrivains. Aussi allons-nous continuer à défendre vigoureusement votre droit à bénéficier de la livraison gratuite.
En tant que lecteur, votre opinion en la matière est très importante, et nous sommes persuadés que les libraires du Syndicat de la Librairie Française apprécieraient aussi de connaître votre avis. Si vous tenez à la livraison gratuite, merci de nous le dire et de le faire savoir au SLF. Vous pouvez ainsi envoyer votre point de vue à Amazon (pour-la-livraison-gratuite@amazon.fr) et au SLF (…@…).
A bientôt sur www.amazon.fr
Xavier Gambois Directeur Général
Derrière l’enjeu des frais de port se pose une question bien plus cruciale : le respect de la loi Lang. Voté en 1981 à l’unanimité, elle a permis aux librairies indépendantes de survivre face aux mastodontes comme la FNAC ou Virgin. Elle interdit notamment toute réduction sur le prix du livre supérieur à 5 % et réglemente de façon très stricte la vente “à prime”, c’est-à-dire l’association d’un bien, d’un service ou d’un produit gratuit, à un achat.La démarche entreprise par SLF n’est pas nouvelle, puisqu’elle a attaqué et gagné son procès contre Alapage (actuellement en cassation), mais il paraît étonnant de s’attaquer seulement maintenant au leader mondial.
Au final, qui du porte-monnaie et de la diversité culturelle aura le dernier mot ? Pourtant, l’opposition entre les librairies online et offline paraît disproportionnée. Les clients et leurs attentes ne sont pas les mêmes. Jamais Amazon ne proposera un service de conseil et de proximité équivalent à celui du libraire. En fait, à l’image de l’industrie du disque, le monde du livre refuse de se réinventer en renouvelant son modèle économique. En misant sur le contact humain, le confort de lecture, et en multipliant les cafés littéraires, les librairies traditionnelles peuvent tirer leur épingle du jeu.
Le débat est ouvert …






















Etant moi même libraire, je ne peux qu’appuyer le SLF, la loi Lang est là pour éviter ces dérives et il serait bon que tout le monde les respectes (monsieur Leclerc également
) si l’on ne veux pas voir nos librairies de proximité fermer d’ici peu…
Oui mais Manu, en même temps, en quoi s’agit-il d’une “dérive” comme tu dis? Amazon ne baisse pas le prix du bouquin mais juste du port - moi je suis OK pour payer un prix fixe assez élevé pour me procurer des livres et je comprends qu’il faut protéger le livre, mais j’ai pas envie de payer du transport! D’ailleurs je n’en paie pas quand je vais en librairie qui fait bien venir ses bouquins sur son lieu de vente. Alors pourquoi sur Amazon?
De toutes façons, on n’achète pas les mêmes choses en librairie et sur Amazon, alors…
Le gros problème est qu’aucun libraire ne peut suivre cette façon de faire, et nous savons que la vente de livres sur internet se développera un jour ou l’autre, il ne faudrais pas que les libraires loupent le coche…
Pour plus d’infos, j’ai publié deux articles sur le sujet sur mon blog…
[…] y a peu, nous avions évoqué le procès en cours entre la librairie en ligne Amazon et le Syndicat de la Librairie Française […]